Trois modèles de protection sociale

Pendant environ une décennie les fonds sociaux ont constitué l’élément incontournable des stratégies de lutte contre la pauvreté. En s’appuyant sur le modèle du FSE créé par la Bolivie en 1986 et avec l’aide des banques multilatérales, chaque pays en a élaboré sa propre version locale et cette stratégie a atteint son paroxysme avec le programme mexicain Solidaridad avant d’être progressivement abandonnée. Un nouveau modèle a en effet désormais attiré l’attention des États et des donneurs. En 1997, le Mexique a créé Progresa (depuis rebaptisé Oportunidades), un programme qui consiste à donner tous les deux mois de l’argent aux femmes qui sont à la tête d’une famille pauvre en échange de l’envoi de leurs enfants à l’école, de l’amélioration de leur régime alimentaire, du respect des programmes de vaccination et de consultations dans des centres médicaux. L’idée sous-jacente aux aides financières conditionnelles est qu’elles atténuent la pauvreté actuelle (par le supplément de revenu) tout en luttant contre la pauvreté future (en incitant les familles à investir dans le capital humain). Cinq millions de familles bénéficient d’une aide financière au titre du programme Oportunidades, soit un quart de la population mexicaine. Les rapports font état d’enfants plus grands, en meilleure santé et scolarisés plus longtemps, avec un plus fort déclin de l’abandon de la scolarité et une augmentation du taux de passage de l’enseignement primaire à l’enseignement secondaire chez les filles grâce à l’échelonnement des aides prévues par le programme.