Sénégal - Gestion des risques en milieu rural au Sénégal : revue multisectorielle des initiatives en matière de réduction de la vulnérabilité

Cette étude a pour principal objectif de mettre à la disposition du gouvernement du Sénégal les analyses et autres informations dont il pourrait avoir besoin pour mettre en œuvre des politiques visant à réduire la vulnérabilité des populations pauvres en milieu rural. Bien qu’au cours de ces dernières années, la croissance économique ait permis de réduire la pauvreté au Sénégal, ses retombées ont été moins sensibles pour les populations rurales qui, pourtant, représentent 6 millions d’habitants sur un total de 10 millions. L’économie rurale reste essentiellement agraire, et 65 % de la population rurale est pauvre. Les risques naturels sont intimement liés à la nature agraire de l’économie rurale, et à son environnement « sahélien ». Des cycles de sécheresses réduisent la production agricole, et déciment les troupeaux. Cependant, l’impact de ces chocs varie fortement selon la saison agricole, la zone agro-écologique, le type de culture, et la présence - ou non - de systèmes d’irrigation. En outre, les insectes, ainsi que les maladies qu’ils véhiculent, affectent les plantes et les animaux, ajoutant d’autres risques naturels. Les risques économiques encourus, comme ailleurs, proviennent des changements apportés aux systèmes de production et de commercialisation agricole, affectant ainsi les revenus et le pouvoir d’achat. En outre, les populations rurales sont plus exposées aux chocs de santé, et sont confrontées à des obstacles plus importants dans l’accès aux services de santé. L’enseignement, en particulier celui des enfants en milieu rural, est soumis à plusieurs risques absence totale de scolarité, abandon scolaire en cours d’année, ou incapacité d’acquérir les compétences de base suffisantes. Les principales sources de risques sociaux dans les zones rurales sont, d’une part, le conflit régional en Casamance, et, d’autre part, les vols, les conflits de propriété et la violence affectant les communautés et la productivité. Parmi les recommandations, le rapport souligne que les services financiers et la diversification des revenus dans les zones rurales sont les principales questions nécessitant un cadre de politique, de même que les dépenses publiques. Une vision multisectorielle des risques devrait aider à identifier les cercles vicieux, alors que leur éradication nécessite la collaboration de divers secteurs.