On estime que la crise de la COVID-19 aura des effets économiques considérables en Afrique, mais ceux ne seront pas identiques parmi les groupes et les zones dans un même pays. En tant qu’un résultat de différentes structures socioéconomiques et des dynamiques des milieux ruraux et urbains, les habitants de ce dernier sont plus affectés par les mesures de confinement de sorte qu’ils font face à plus de difficultés dans l’implémentation de la distance sociale recommandée et des procédures sanitaires. En outre, les programmes de protection sociale dans le continent africain sont menés plutôt dans les milieux ruraux, ce qui pose des défis aux différents pays lors du développement de nouveaux programmes destinés aux espaces urbains.

Ayant lieu le 24 août, le webinaire « Réponses de protection sociale à la COVID-19 : défis et opportunités pour les milieux urbains en Afrique subsaharienne » a été organisé par le Centre International de Politiques pour la Croissance Inclusive (IPC-IG) et ce fut le 28ème webinaire de la série « Réponses de protection sociale à la COVID-19 », développée par la plateforme socialprotection.org. L’événement a cherché à complémenter le webinaire dirigé par la FAO sur les zones rurales pour aborder ces thèmes en s’appuyant sur les expériences des réponses à la COVID-19 provenant des gouvernements et des acteurs non-gouvernementaux dans certains pays sub-sahariens.   

Le webinaire a été modéré par Lena Gronbach, chercheuse et étudiante de doctorat à l’Université de Cape Town en Afrique du Sud. Cela a compté des présentations de :

  • Krishna Pahari – Chef de service en Recherche, Évaluation et Surveillance du Bureau pour l’Afrique orientale au WFP.
  • Taylor Spadafora –  Spécialiste en Politique Sociale du Bureau pour l’Afrique Orientale et Australe (ESARO) à l’UNICEF.
  • Erica Mattellone – Chef en Évaluation et Politique Sociale à l’UNICEF Madagascar.
  • Jules Simpeze Banga – Conseilleur du Ministre de l’Énergie et des Ressources Hydriques pour Nord-Kivu, RDC

 

Vous pouvez regarder l’enregistrement ici et accéder à la présentation de diapositives ici.

 

 

Impact de la COVID-19 sur la subsistance urbaine, la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique orientale – Krishna Pahari 

Krishna Pahari a présenté les résultats d’un rapport conjointement préparé par WFP et UN-Habitat dans lequel ils analysent les impacts de la COVID-19 sur la subsistance, la sécurité alimentaire et la nutrition de la population urbaine en Afrique orientale. Il a commencé par contextualiser la situation urbaine dans la région, qui a récemment vu une croissance imprévue dans le procès d’urbanisation. Par conséquent, une grande quantité de personnes vive dans des règlements informels (58% de la population urbaine), avec peu d’accès à des installations basiques. Pour illustrer l’expansion des zones urbaines dans de différentes villes dans la région, il a montré les données satellites de villes telles que Juba, au sud du Soudan, où la zone urbanisée est devenue deux fois plus large par rapport à sa dimension en 1999. La combinaison entre l’expansion urbaine et la large proportion des résidents qui habitent aux bidonvilles renforce les risques de la COVID-19.

Moins de 30% des familles en Afrique orientale reçoivent des revenus salariés réguliers. La plupart de la population dans la région dépendent des sources informelles ou vulnérables de substance, qui sont devenues encore plus vulnérables dans le contexte des pandémies, tel que nous pouvons constater dans le graphique ci-dessous, utilisé pendant la présentation de Pahari. Ces travailleurs ont connu un recul important dans leurs revenus et même les travailleurs salariés ont été frappés par les effets de la pandémie.

Il a continué à expliquer que la perte sévère dans la substance a mené au déclin des revenus en affectant la capacité d’achat et en augmentant l’insécurité alimentaire à travers les ménages en Afrique orientale. Puisque la région figurait déjà parmi celles les plus précaires au monde avant la crise de la COVID-19, où les ménages souffraient des impacts des choques multiples, la pandémie constitue un défi supplémentaire pour les pays de la région.

Pahari a donc renforcé comment les zones urbaines ont émergé en tant qu’une nouvelle zone réactive pour l’insécurité alimentaire. Après que les résidants urbains aient vu le déclin dans leurs revenus, l’accès économique à la nourriture a été corrompu. Cela a eu un impact profond dans leur nutrition, car se payer des aliments nutritifs est devenu presque impossible. La population habitant dans les espaces urbains en Afrique orientale fait déjà face à de différents défis, étant la COVID-19 juste un risque supplémentaire pour ceux qui sont là.

 

Protection Sociale dans des Contextes Urbains: Leçons à Retenir de la COVID-19 - Taylor Spadafora

Taylor Spadafora a donné un aperçu sur les défis et les leçons concernant l’implémentation de l’assistance sociale et le transfert de fonds dans les zones urbaines étant donné le contexte de la COVID-19. Comme la plupart des programmes de protection sociale en Afrique subsaharienne ont pris naissance dans les zones rurales, l’implémentation dans les zones urbaines était défiante en vue de plusieurs raisons, telles que les différences dans la pauvreté rurale et urbaine. Les zones urbaines sont marquées par des coûts de vie plus élevés, une forte dépendance de l’économie monétisée, l’insécurité dans le travail et l’habitation, une population beaucoup plus mobile et des réseaux sociaux plus faibles entre les communautés.

D’ailleurs, des programmes de protection sociale dans la région n’étaient pas prêts pour faire face à la crise économique comme celle déclenchée par la COVID-19, qui a affecté des populations indéfinies ou exclues dans le cadre des destinataires de la protection sociale, y compris les travailleurs informels et les pauvres travailleurs de l’environnement urbain. Un autre problème associé à la réponse à la COVID-19 souligné par Spadafora fait référence aux niveaux réduits de la couverture de l’assistance de protection sociale.

Elle a ensuite marqué certains défis affrontés par le gouvernement lors de la transposition de la protection social aux zones urbaines. De différentes familles, plus de vulnérabilités, des liens communautaires plus faibles et les dépenses élevées ont été mentionnés comme des défis clés associés au ciblage. En ce qui concerne l’inscription, on a compté certains inconvénients liés aux personnes qui ne sont pas venues au travail pour s’inscrire. La surveillance a aussi été difficile en raison de la situation plus mobile et l’usage des systèmes automatiques qui a abouti à moins de contact entre les travailleurs sociaux et la population ciblée. En matière de paiement, même s’il y avait des avantages pour le succès des technologies mobiles et bancaires, il faut qu’elles soient plus élevées afin de compenser les coûts de vie.

Spadafora a fini par mettre l’accent sur les leçons importantes pour faire progresser la protection sociale : l’information réunie pendant l’événement peut être utilisée afin de perfectionner le dessin des programmes urbains, d’élargir les registres pour inclure les populations urbaines, de diversifier l’idée de protection sociale dans le cadre d’une approche basée sur les droits, ainsi que de créer des liens avec d’autres services.

 

Réponse de Protection Sociale à Madagascar  – Erica Mattellone

Erica Mattellone a présenté le côté opérationnel de la réponse de protection sociale à la COVID-19 dans les zones urbaines à Madagascar en donnant un aperçu sur les leçons apprises et les défis affrontés pendant la période d’urgence. La conférencière a commencé par expliquer comment, à la suite des retombées économiques, le pourcentage des personnes en dessous du seuil de pauvreté augmentera à 83% d’ici la fin de 2020. Alors, elle a décrit la seule stratégie harmonisée mise en place pour le Groupe de Travail sur les Fonds sous le commandement du gouvernement, en coopération avec des acteurs humanitaires et de développement. Connu sous le nom de Tosika Fameno, ce transfert de fonds multisectoriel et inconditionnel est dirigé aux familles les plus vulnérables dans les zones urbaines, tels que les travailleurs informels, les parents seuls et les personnes handicapées.

 

Ci-dessus on trouve les diapositives utilisées par Mattellone pour illustrer le processus de implémentation de Tosika Fameno. Cela inclut a phase de pré-enregistrement de bénéficiaires dans les zones urbaines, suivi par le nettoyage des données, et points afin d’identifier les familles les plus vulnérables. Après le premier paiement, une révision en profondeur a été conduite pour corriger les erreurs d’inclusion et d’exclusion lors du deuxième paiement. Le nombre de familles ciblées a été élargi une fois que plus de domaines urbains ont été affectés et plus de fonds sont devenus disponibles.

Elle a ensuite exposé certaines leçons à retenir de l’implémentation du programme à Madagascar. Cela inclut des difficultés concernant le paiement des bénéfices, en vue de la faible pénétration dans le pays et les foules dans les centres de distribution des fonds. Néanmoins, certains éléments ont été clés pour le succès du programme, tels que la coordination par le Groupe de Travail sur les Fonds et le gouvernement, la direction forte des autorités et les liens avec d’autres programmes. Matellone a aussi exposé les intentions du gouvernement par rapport à la révision de la stratégie pour développer une réponse de redressement à moyen terme jusqu’à la fin de 2021. Le cas de Madagascar est un bon exemple de comment on peut implémenter un programme de protection sociale en un court laps de temps et par la collaboration très forte avec d’autres parties prenantes. La panéliste a terminé sa présentation avec une vidéo qui explique ce qui signifie la protection sociale and comment cela fonctionne.

 

Accès à l’eau pour la prévention de la COVID-19 – Jules Simpeze Banga

Jules Simpeze Banga a partagé l’expérience sur la politique de l’eau gratuite installée par le gouvernement de la République Démocratique du Congo dans la province de Nord-Kivu à titre de réponse à la crise de la COVID-19. Cela a été présenté en français, avec des traductions simultanées à l’anglais par Claire Espey. Il a commencé la présentation en expliquant la situation de la ville de Goma, capital de Nord-Kivu, où l’accès à l’eau et à l’assainissement est très faible. Dans les zones urbaines du Congo orientale, on a compté une augmentation de la population combinée à une détérioration de ces services, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas d’accès à l’eau courante potable, ce qui augmente les risques associés aux maladies et à la violence.

COVID-19 a apparu comme une couche supplémentaire de défi pour le système de santé public local tout en affectant la population de la province en termes économiques et sociaux. Les restrictions sur le mouvement et la fermeture des frontières et de différents établissements dans la province ont eu un impact énorme dans les villes telles que Goma qui sont localisées près de frontières et dépendent du commerce transnational. Pour essayer et mitiger ces effets, le gouvernement national a déterminé que les entreprises publiques de l’eau et de électricité distribuassent gratuitement ces utilités en mai et juin, tel que on peut voir dans l’image ci-dessous, utilisée dans la présentation de Banga. Comme ces entreprises se concentrent dans les domaines urbains, les principaux bénéficiaires de la politique font partie de la population urbaine.

 

Il est passé aux conséquences de la politique d’eau implémentée. Tout d’abord, les lignes en face des robinets ont augmenté considérablement en comparaison à la situation précédente. Certains opérateurs privés d’eau ont perdu toutes leurs affaires pour les robinets publiques qui fournissaient de l’eau gratuite pendant la période. D’autres conséquences sont l’augmentation du nombre des heures de service non-interrompu et la réduction d’eau au mois de mai, quand plusieurs moments de carence d’eau ont eu la duration de plus de 10 heures.

En conclusion, tandis que cette politique gratuite a rendu l’eau plus accessible pour quelques-uns, cela a réduit la sécurité et l’accessibilité en termes de temps d’attente, car des femmes et des enfants devaient se réveiller trop tôt afin de devenir capable de collecter de l’eau. La revente de l’eau pratiquée pour quelques-uns et le manque de revenu pour les entreprises d’eau afin de traiter, distribuer et pomper l’eau à travers le système a aussi eu des impacts négatifs sur la situation.

 

Session de Q&R

Dans la session Q&R, Krishna Pahari a commenté l’impact de la COVID-19 sur la production local et l’importation d’aliments, ce qui a mené à un déficit en termes de production totale et ce qui est exigé pour la consommation. Cela a aussi augmenté la vulnérabilité des importations en vue du déclin des transferts et des échanges internationaux provenant de l’impact de restriction sur la chaîne logistique globale et locale.

Tayllor Spadafora a expliqué comment plusieurs pays sont vastement dépendants des transferts de sources externes qui généralement ne sont pas comptées dans le cadre des programmes de protection sociale. Même si, parfois, lors du ciblage, on peut demander si la personne déjà reçoit un appui d’autre. Elle a aussi élaboré sur la question de nouveaux registres urbains de protection sociale et comment des pays tels que Ghana, Kenya et Malawi ont déjà des registres ruraux, mais Lesotho a été le seul à lancer récemment une initiative urbaine de collection de données urbains pour les registres. Finalement, elle a expliqué des difficultés aperçues lors de la vérification des zones urbaines, telles que le manque de travailleurs de l’état-providence capables de le faire, l’absence d’aide de la part de la communauté en vue de faibles réseaux et la difficulté de choisir une plage horaire compatible avec le travail.

Erica Mattellone a expliqué la stratégie utilisée pour le ciblage des bénéficiaires potentiels à Madagascar, qui a été fait par une approche de auto-enregistrement incluant un simple mais effectif questionnaire pour essayer d’identifier des personnes expérimentant une situation vulnérable en vue des revenus informels ou d’autres sujets tels que la vie avec des enfants ou des personnes handicapées. Elle a aussi souligné les défis qu’ils ont rencontrés sur l’argent mobile, choisi seulement pour certains bénéficiaires.

Jules Simpeze Banga a décrit les stratégies implémentées pour répondre aux fausses informations, qui ont inclus un processus adopté à travers le pays de validation de mesures et de surveiller des rumeurs. Il a aussi énuméré des mesures supplémentaires appliquées dans la République Démocratique du Congo, telles que le paiement des opérations pour REGIDESO, la négociation avec une entreprise d’électricité privée et le crédit d’impôt pour des entreprises privées qui ont perdu leurs revenus à la suite des politiques d’eau gratuite.

 

Le webinaire a été terminé par une session intéressante Q&R, disponible ici.

 

Cette publication synthétise le vingt-huitième webinaire de la série de webinaires « Réponses de Protection Sociale à la COVID-19 ». La série est un effort conjoint initié par le IPC-IG, GIZ  au nom du Ministère pour la Coopération Économique et le Développement (BMZ) de l’Allemagne, et la collaboration du Département aux Affaires Étrangères et au Commerce (DFAT) de l’Australie avec la plateforme socialprotection.org, et en coopération avec des partenaires de différentes organisations. Joignez la communauté en ligne “Réponses de Protection Sociale à la COVID-19 [Groupe de Travail]” afin d’apprendre plus sur l’initiative et les webinaires futurs.

Traduit de l’Anglais par Nayara Albrecht

Social Protection Programmes: 
  • Social assistance
    • Social transfers
      • Cash transfers
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      • Price subsidies
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Social Protection Building Blocks: 
  • Policy
    • Coverage
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    • Benefits payment / delivery
    • Feedback and complaints mechanisms
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    • Benefits design
    • Targeting
Social Protection Approaches: 
  • Social protection systems
Cross-Cutting Areas: 
  • Consumption and expenditure
  • Disaster risk management / reduction
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  • Water, sanitation and hygiene
Countries: 
  • Democratic Republic of the Congo
  • Madagascar
Regions: 
  • Sub-Saharan Africa
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