Cet article a été écrit en collaboration avec Evie Calcutt et Simon Hagemann.

 

L'unité de Financement des Crises et des Risques de Catastrophe de la Banque mondiale a organisé le 11 août 2020 le webinaire sur le Financement des Risques de Catastrophe pour une meilleure réponse à la COVID-19 et autres risques. Le 26ème wébinaire de la série « La protection sociale dans la réponse au COVID-19 » a été développé en coopération avec la plateforme socialprotection.org et soutenu par le Centre for Disaster Protection.

Le wébinaire a traité des liens entre le financement des risques de catastrophe (FRC) et la protection sociale dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Il a souligné comment une approche FRC de la protection sociale, utilisant les principes du financement du secteur privé, aide les pays à mieux planifier et répondre financièrement aux chocs. Les panélistes ont présenté les principales leçons tirées des programmes de protection sociale réactifs aux chocs et expliqué comment ces leçons pourraient éclairer une réponse aux effets cumulatifs de la COVID-19 et d'autres catastrophes.

Le wébinaire était modéré par Evie Calcutt et Simon Hagemann – Spécialistes du Secteur Financier au sein de l’unité Financement des Risques de Crises et Catastrophes de la Banque Mondiale, basés à Londres et Washington DC respectivement. Le panel comprenait des présentations de :

  • Olivier Mahul – Groupe Banque Mondiale, Gestionnaire spécialisé de l'unité de Financement des Risques de Crises et Catastrophes
  • Emma Mistiaen – Groupe Banque Mondiale, Spécialiste principale de la Protection Sociale
  • Lindsey Paul Jones – Groupe Banque Mondiale, Spécialiste Senior de la Surveillance et de l'Analyse des Risques pour la Plateforme mondiale sur les risques de crise
  • Sophie Evans – Centre pour la protection contre les catastrophes (CDC), Spécialiste des risques, environnement et financement innovatif

L’enregistrement du wébinaire est disponible ici et les présentations peuvent être trouvées ici. Vous pouvez aussi rester connectés avec l'unité de Financement des Risques de Crises et Catastrophes en rejoignant leur communauté de pratique ici https://www.financialprotectionforum.org/

 

FRC pour consolider la résilience financière – Olivier Mahul

Olivier Mahul a commencé par souligner l'importance du financement des risques de catastrophe dans l'agenda plus large de la résilience, en particulier dans le contexte de la crise sanitaire et économique de la COVID-19, du changement climatique croissant et des événements récents tels que l'épidémie acridienne 2019/2020 en Afrique de l'Est et les cyclones dans le Pacifique. Il a souligné l'impact négatif des catastrophes sur les finances publiques, la balance commerciale extérieure et la réduction de la pauvreté à l'aide de chiffres récents et d'exemples de pays. Il a décrit comment les solutions FRC peuvent construire une approche globale de la résilience en réduisant les risques et en prévenant les catastrophes (résilience physique), en aidant les ménages et la société à faire face aux chocs (résilience sociale), tout en se concentrant sur la protection de l'équilibre budgétaire et de l'économie grâce à un financement préétabli (résilience financière). 

 

FRC pour la protection sociale réactive aux chocs pour mieux préparer et répondre aux chocs - Evie Calcutt and Simon Hagemann

Simon Hagemann a donné un aperçu général du concept et de la valeur du FRC, qui aide les gouvernements, les entreprises et les particuliers à accroître la rapidité, la prévisibilité et l'efficacité de la réponse aux catastrophes et du rétablissement grâce à un financement pré-arrangé et des canaux de distribution pré-convenus. Il a souligné les principes fondamentaux, les facteurs de succès et les principaux avantages de l'approche. En particulier, il a partagé des preuves sur la façon dont une réponse rapide et la préparation financière aux chocs et aux catastrophes peuvent empêcher les stratégies d'adaptation négatives des ménages et des gouvernements, réduire le coût de la réponse et conduire à des impacts macro-économiques positifs.

Evie Calcutt a ensuite évoqué l'expérience de la Banque mondiale en matière de protection sociale réactive aux chocs (PSRC). La PSRC peut évoluer pour atteindre plus de personnes (expansion verticale) et / ou fournir plus d'assistance (expansion horizontale) après une catastrophe. L'application d'une approche FRC à la PSRC permet de fournir une assistance rapide aux communautés affectées, soit dès que possible après un choc, soit parfois même avant que les communautés ne soient gravement touchées, par exemple, grâce aux déclencheurs satellitaires. Elle a décrit la méthodologie de la Banque mondiale pour la conception des programmes de PSRC en six étapes et a souligné certaines des leçons tirées des expériences passées, y compris de la crise de la COVID-19: l'utilisation de données et d'analyses pour comprendre le coût potentiel, l'importance d’instruments FRC pour la pré-planification pour garantir que les fonds sont disponibles quand ils sont nécessaires, la nécessité de concevoir un moyen efficace de canaliser l'aide vers les populations touchées, comme un registre numérique d'un bénéficiaire, les transferts d'argent par téléphone mobile et d'autres technologies numériques. 

 

FRC pour la PS reactive aux chocs au Kenya et au Sénégal - Emma Mistiaen

Emma Mistiaen a partagé l'expérience de la Banque mondiale avec les opérations de la PSRC au Kenya et au Sénégal ainsi qu'avec les programmes futurs dans six pays du Sahel. Elle a décrit les principaux piliers des systèmes PSRC, tels que garantir le leadership et l'appropriation par le gouvernement, définir les arrangements et les autorisations institutionnels, assurer la circulation des informations en temps opportun, concevoir le programme et les systèmes à l'avance, assurer un financement pré-planifié pour une réponse rapide. Elle a ensuite souligné certaines des leçons clés apprises jusqu'à présent : (i) des investissements par avance dans les systèmes de prestation sont essentiels, (ii) la mise en place d'un registre social permet d'assurer une réponse rapide, (iii) des mécanismes objectifs et automatiques peuvent permettre une réponse rapide, (iv) la mise en place d'une stratégie FRC permet d'assurer un financement adéquat. Elle a conclu en décrivant comment ces systèmes PSRC ont été utilisés par le gouvernement pendant la crise de la COVID-19 pour cibler les bénéficiaires des programmes de distribution alimentaire ou d'autres mécanismes de réponse. 

 

Surveiller les risques pour une meilleure préparation - Lindsey Paul Jones

Lindsey Jones a développé la question des risques composites, c'est-à-dire l'interaction entre deux ou plusieurs catastrophes, comme la COVID-19, avec des chocs météorologiques saisonniers tels que la sécheresse ou des inondations. Il a partagé des informations sur les travaux en cours de la Plateforme mondiale sur les risques de crise (PMRC) de la Banque mondiale pour comprendre et suivre les risques composites. La PRMC met actuellement en place un outil de suivi basé sur un ensemble d'indicateurs, dont l'objectif est de localiser les risques composites en cours, d'aider à en prédire les futurs et de sensibiliser les parties prenantes. En ce qui concerne la protection sociale, l'outil de suivi pourrait aider à influencer la mise en œuvre des initiatives de SP existantes et affecter la nécessité d'en concevoir de nouvelles, car un suivi efficace des risques composites peut améliorer le ciblage et la hiérarchisation des systèmes de SP (à la fois spatiaux et temporels). 

 

Suivre les flux de financement pour comprendre l'équité de la couverture - Sophie Evans

Sophie Evans a décrit le travail en cours du Centre pour la protection contre les catastrophes (CDC) sur le suivi des flux de financement humanitaire. Au cours des derniers mois, le CDC a suivi les décaissements et l'allégement de la dette de la Banque mondiale, du FMI, des Nations Unies et des banques régionales, afin d'évaluer ce qui fonctionne et ce qui pourrait être amélioré. Elle a partagé les dernières conclusions des travaux et souligné les principaux enseignements. Les chiffres présentés lors de la présentation ont mis en évidence que les engagements ont été mobilisés rapidement à propos de l'impact économique de la COVID-19 et que les décaissements progressent également rapidement. Cependant, comme les fonds reposent sur des pertes économiques, les pauvres reçoivent moins, ce qui aggrave encore leur situation. 

Le webinaire s'est conclu par une riche séance de questions-réponses, accessible ici. Vous pouvez également rejoindre la discussion questions/réponses ici.

 

Cet article résume le vingt-sixième wébinaire de la série de « Réponses de protection sociale à la COVID-19 ». La série est un effort conjoint initié par l'IPC-IG, la GIZ au nom du ministère fédéral allemand du Développement économique et de la Coopération (BMZ), et la collaboration du ministère des Affaires étrangères et du Commerce du gouvernement australien (DFAT) avec la plateforme socialprotection.org et en coopération avec des partenaires de différentes organisations. Rejoignez notre communauté en ligne «Réponses de protection sociale à la COVID-19 [Groupe de travail]» pour en savoir plus sur l'initiative et les futurs wébinaires.

 

Traduit de l'Anglais par Victoire Delarue

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